Esturgeon européen

Source : pêcheur professionnel

Esturgeon européen (Acipenser sturio)

L’esturgeon européen est un poisson migrateur amphihalin potamotoque qui vit principalement en mer et en estuaire mais vient se reproduire en rivière, sur l’aval des fleuves. C’est un poisson au corps allongé sans écailles mais munis de plaques osseuses. En mer, il vit surtout sur la zone littorale et se nourrit principalement d’organismes benthiques comme des crustacés, des annélides et des mollusques.

L’esturgeon européen est une espèce menacée et strictement protégée. Il doit impérativement être relâché et sa capture doit être déclarée.

Autrefois abondant sur tout le littoral maritime et dans les plus grands fleuves d’Europe de l’Ouest, il est menacé d’extinction et protégé depuis 1982. Sa dernière population naturelle est seulement présente dans le bassin de la Gironde, Garonne et Dordogne. Ainsi, un Plan National d’Action en faveur de cette espèce a été créé en partenariat avec d’autres pays d’Europe comme l’Allemagne. Les institutions scientifiques INRAe* et MIGADO* avec l’aide de la DREAL* Nouvelle-Aquitaine et du CNPMEM* Marins travaillent sur le sujet.

Depuis 2007, les reproductions artificielles de cette espèce ont permis de libérer sur le bassin aquitain plus de 1.7 million d’alevins et juvéniles. Les individus atteignent aujourd’hui une longueur avoisinant les 2 mètres et se sont dispersés dans les eaux littorales de l’arc Atlantique et au-delà (du Sud du Golfe de Gascogne à la Scandinavie). Actuellement, les esturgeons  ayant atteint leur maturité sexuelle (11 ans pour les mâles et 16 ans pour les femelles) reviennent en zone fluviale pour se reproduire naturellement. Il faudra encore attendre de nombreuses années avant de retrouver une population stable et conséquente.

La survie de cette espèce est primordiale, c’est pourquoi les pêcheurs sont régulièrement sensibilisés aux bonnes pratiques en cas de capture accidentelle. Les informations recueillies aident les scientifiques à en savoir plus sur cette espèce.

Ainsi, toute observation de ce poisson peut être déclarée sur le site internet Sturio.fr

*INRAe : Institut National de Recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement* MIGADO : Association Migrateurs Garonne Dordogne

* DREAL : Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement

* CNPMEM : Comité National des Pêches et des Elevages Marins

Le dernier lâcher d’esturgeons européens a eu lieu début octobre 2023 sur la Garonne et la Dordogne : actualités MIGADO.

Vous pourrez aussi trouver plus d’informations sur l’esturgeon européen sur la page spécifique sur le site de MIGADO.

La dernière lettre d’information du CNPMEM et de CAPENA est paru en 2023. Vous pouvez la consulter ici

Elevage d’autres espèces d’esturgeons en Charente-Maritime :

En Charente-Maritime, les élevages de l’esturgeon Baeri (Acipenser baerii) et de l’Osciètre (Acipenser gueldenstaedtii) sont réalisés pour la production de caviar. L’entreprise Sturgeon (Sturia) est établi notamment à Colombiers, sur la Seugne. D’autres élevages sont basés en bord de Gironde.

Réglementation de la pêche :

Espèce interdite à la pêche :

Flet commun

Source : CMCS

Flet commun (Platichthys flesus)

Le flet commun est un poisson migrateur amphihalin thalassotoque qui se reproduit en mer et vit en estuaire et en rivières. C’est un poisson plat adapté à la vie benthique. Ses yeux sont sur le flanc droit.

Observations sur  nos bassins :

Sur la Charente, le flet a été plusieurs fois observé lors des pêches électriques anguilles, notamment sur l’aval, entre Rochefort et Saintes. Les sites de pêches de flets peuvent être consultées sur la carte interactive des autres espèces.

Il a aussi été enregistré à la station de comptage de Crouin.

Informations complémentaires sur les autres bassins :

Cette espèce est peu documentée en rivières mais beaucoup plus en mer ou en estuaire. On note cependant une présence avérée sur l’amont du bassin versant du système Ligérien avant la construction des grands barrages, jusque dans le Massif central. Depuis 1987, des observations signalent une présence à l’aval d’Orléans. En Hollande, une référence mentionne des captures à près de 130 km de la mer. Au Portugal, des observations sont mentionnées en eau douce à près de 70 km de l’Océan sur le Minho. Daverat et al. (2011) montrent, à partir de l’analyse chimique des otolithes d’une quarantaine de flets pêchés sur le bassin de la Garonne Girondine, que les jeunes flets ont tendance à coloniser rapidement le milieu dulcicole. Les tailles variaient de 4,7 à 33 cm et l’âge moyen était de 3,5 ans. Des études de radiopistage montrent que des jeunes individus peuvent se concentrer sur des petites zones sans effectuer de grands déplacements en été, en zone immédiatement amont à la zone intertidale.

Extrait de la note de Jean Dartiguelongue sur les flets du rapport de la station de comptage de Crouin 2018.

Réglementation de la pêche :

Pas de règlementation spécifique à la pêche.
Par contre, il est recommandé de ne pas pêcher les moins de 25 cm.

Mulet Porc

Source : CMCS

Mulet porc (Chelon ramada) :

Le mulet porc est un poisson migrateur amphihalin thalassotoque qui se reproduit en mer et vit en estuaire et en rivières.

Observations sur  nos bassins :

Sur la Charente, le mulet a été plusieurs fois observé lors des pêches électriques anguilles, notamment sur l’aval, entre Rochefort et Saintes. Les sites de pêches de mulets peuvent être consultées sur la carte interactive des autres espèces.

Il a aussi été enregistré de nombreuses fois à la station de comptage de Crouin.

537 en 2022.

Passage de mulets à la station de comptage de Crouin

Réglementation de la pêche :

Pas de règlementation spécifique à la pêche.

Par contre, il est recommandé de ne pas pêcher les moins de 20 cm.

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Lamproie fluviatile

Source : CMCS

Lamproie fluviatile (Lampetra fluviatilis)

La lamproie fluviatile est un poisson migrateur amphihalin qui se reproduit en rivière et vit en rivière puis en mer. Les données disponibles sur cette espèce sont faibles sur nos bassins. On ne la retrouve que sur le bassin de la Charente et pas sur la Seudre.

Des observations ont été faites à la station de comptage de Crouin, ainsi que parfois sur le terrain.

Suivi à la station de comptage de Crouin (aval Cognac) :

En 2011, un incident technique n’a pas permis d’enregistrer le passage des poissons.
En 2016, la vitre de la station a été cassé par vandalisme.

Précisons que ces chiffres ne sont pas exhaustifs dans la mesure ou de fortes crues ont pu rendre le barrage de Crouin franchissable par les clapets et le seuil donc sans nécessairement passer par la passe à poissons.

Lamproie fluviatile enregistrée à la caméra à la station de comptage de Crouin (CMCS)

Zone de reproduction :

La granulométrie caractéristique des frayères pour cette espèce (graviers, petits galets – diamètre 2 à 60 mm) est présente notamment sur certains bras de la Charente.

Période de reproduction (mars à juin) :

La période de reproduction de la Lamproie de rivière en France varie selon les auteurs :

  • De mars à mai dans Keith P., Poulet N., Denys G., Changeux T., Feunteun E. & Persat H. (coords), 2020. – Les poissons d’eau douce de France. 2ème édition. Biotope Editions, Mèze ; Muséum national d’Histoire naturelle, Paris (collection Inventaires et biodiversité), 704 p.
  • D’avril à juin dans Taverny C. & Elie P. 2010. – Les Lamproies en Europe de l’Ouest – Ecophases, espèces et habitats. Editions Quae (collection Guide pratique), 112 p.

Réglementation de la pêche :

Réglementation de la pêche professionnelle fluviale de lamproie fluviatile :
Pêche autorisée en Charente-Maritime (aux engins et filets uniquement) du 15 octobre au 15 avril (document ici).

Du point de vue halieutique, elle ne fait plus l’objet de véritable exploitation commerciale (PLAGEPOMI 2008-2012).

Réglementation de la pêche amateur maritime de lamproie fluviatile :
Pêche autorisée en Charente-Maritime du 15 octobre au 15 avril.
Plus d’infos DDTM17 à retrouver ici : Pêche maritime de loisirs
et ici : Espèces réglementées pour la pêche maritime de loisirs

PROGRAMME DE CONNAISSANCES « AMPHIHALINS NATURA 2000 EN MER »

Dans le cadre d’un étude réalisée sur l’évaluation de la suffisance du réseau Natura 2000 en mer pour les espèces amphihalines (Acou et al., 2013), demandée par l’Etat (MEDDE*) au Muséum Nationale d’Histoire Naturelle (MNHN), un bilan a été réalisé sur la lamproie fluviatile en mer entre 2010 et 2013. Il s’avère que « les captures de lamproies fluviatiles par les pêcheurs professionnels marins sont très rares. Le constat est le même concernant les suivis scientifiques standardisés menés par l’IRSTEA (DCE en estuaire) ou par l’IFREMER (campagnes à la mer). Par exemple, depuis la mise en oeuvre de la DCE sur les masses d’eau de transition (estuaires, lagunes, etc.) (…) seules 3 captures de lamproies (3 marines et aucune fluviatile) sont recensées à ce jour parmi les 3000 traits de chaluts effectués. De même, les données issues d’Obsmer ne permettent d’identifier qu’une seule lamproie fluviatile entre 2003 et 2010 sur plus de 9400 traits analyser. Cela suggère que les lamproies ne sont pas capturables pour des raisons comportementales et/ou techniques. (…) Les résultats suggèrent fortement que les lamproies fluviatiles se nourrissent sur des hôtes prédateurs et à dépendance côtière. » (Extrait de la synthèse d’Anthony Acou (2013)).

Rapport :
Acou A., Lasne E., Réveillac E., Robinet T. & Feunteun E. (2013). Programme de connaissances « Amphihalins Natura2000 en mer ». Evaluation de la suffisance du réseau Natura2000 en mer pour les espèces amphihalines et éléments de réponse aux recommandations émises en zone atlantique. Rapport de synthèse du Muséum National d’Histoire Naturelle, Stations marines de Dinard et Concarneau. 25 pages.

*MEDDE : Ministère de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement.

Saumon atlantique

Le Saumon atlantique

La situation du Saumon sur le bassin versant de la Charente semble très critique. Après la disparition du Saumon sur la Boutonne, les remontées de Saumon sur l’axe Charente semblent de plus en plus sporadiques. Dans les années 1960-70, plusieurs prises annuelles de Saumons signalaient encore des remontées. Depuis, les prises et témoignages de remontées sont beaucoup plus rares et traduisent d’une faible abondance du stock (PLAGEPOMI 2008-2012).

Réglementation :

Sur notre territoire, en cours d’eau comme en mer, le saumon atlantique est interdit à la pêche professionnelle comme amateur.

Suivi à la station de comptage de Crouin (aval Cognac) :

En 2011, un incident technique n’a pas permis d’enregistrer le passage des poissons. En 2016, un acte de vandalisme a engendré l’inactivité des enregistrements du 15 avril au 29 octobre.
Précisons que ces chiffres ne sont pas exhaustifs dans la mesure ou de fortes crues ont pu rendre le barrage de Crouin franchissable par les clapets et le seuil donc sans nécessairement passer par la passe à poissons.

Saumon atlantique (photo station de comptage de Crouin (2013))

Débarquements de saumon par la pêcherie professionnelle maritime :

L’objectif est de caractériser la pression de la pêche professionnelle des saumons en mer.
Dans le but d’obtenir des informations complémentaires sur les captures des poissons migrateurs en mer, les trois criées de Charente-Maritime ont été contactées en janvier 2013 (La Rochelle, La Cotinière et Royan). Ce sont les lieux de débarquement et de vente des pêcheurs professionnels maritimes.
Depuis janvier 2014, les résultats proviennent de France Agrimer (Réseau Inter Criées).

On constate que les débarquements ont très nettement diminués depuis 2014.